Un tour des transports au Myanmar

En voyage, la même question revient encore et toujours : “Comment y va-t-on ?” On a testé pour vous… les déplacements birmans !

En ville

Louer une bécane est une bonne façon de se déplacer, comme nous l’avons testé dès notre arrivée. Malheureusement, dans ce pays à la culture militaire bien ancrée, les restrictions de déplacement pour les étrangers l’interdisent parfois. C’est interdit notamment à Mandalay (comme nous l’avons découvert bien plus tard) et Yangon, mais pas seulement.

Généralement, des alternatives s’offrent à vous : à Indawgyi, on peut louer des vélos fatigués. Dans la grande vallée de Bagan, des scooters électriques (e-bikes) d’environ 25 km de batterie, des vélos, ou des calèches pour le romantisme. À Mrauk U, nous sommes restés piétons.

Les e-bikes à Bagan plafonnent à une vitesse de 40 km/h, parfois moins avec deux personnes dessus…

Dans les grandes villes, nous avons parfois fait appel à un mototaxi. Les vélotaxis équipés de sidecars sont tellement typiques qu’il existe une série TV populaire dont le héros exerce ce métier (apparemment cela implique de sauver beaucoup de jeunes femmes en danger).

Interurbain

De l’aéroport à Mandalay, un minibus nous a coûté $3, soigneusement consignés sur une fiche avec notre identité et hôtel. Pour les trajets de 20 min à 2 heures, les touristes peuvent faire appel à des minivans, des voitures privées ou partagées, ou se joindre aux locaux dans les pickups à 3 ou 4 roues…

Dans ce dernier cas, le maître-mot est généralement : “rentabilité”! Deux bancs se font face : chacun mesure environ 2,4 m de long par 30 cm de large, et on y case 7 à 9 paires de fesses selon les gabarits. Les surnuméraires se placent debout sur le marchepied, assis dans la tranchée, ou sur les genoux pour les enfants…

Taxi-truck à 3 roues : scotchant !

Si vous vous rendez dans des endroits peu fréquentés ou si vous avez raté le départ groupé, il est aussi possible de “privatiser” un pickup moyennant finances… ou vous pouvez tenter le stop, comme nous vers Indawgyi !

Longues routes

Plusieurs options s’offrent à vous pour les longues distances, nous avons testé les 3 premières de la liste :

  • train (nous en parlions ici)
  • bus
  • bateau
  • avion (hors budget pour nous)

Le bus du futur

La palme du confort revient au VIP Bus Deluxe entre Nyaung U (Bagan) et Inle. Les sièges étaient larges, inclinables de manière à pouvoir vraiment dormir, avec suffisamment de places pour les jambes, pas de CD electro-folklo-pop tournant en boucle dans les hauts-parleurs, et même des prises électriques pour bosser en chemin !

… ou bien on peut rêvasser en contemplant le paysage

Un bémol tout de même pour le réveil brutal à 4h du mat’ pour réclamer l’achat du ticket d’entrée dans la zone, suivi d’un terminus inopiné et transfert plus que chaotique vers 5h jusqu’à Taunggyi, à l’écart du lac et où se trouvait notre guesthouse “Dreamland”, très agréable.

Pour info le prix du ticket pour la zone Inle Lake s’élève à 25 000 kyats par personne (soit 150% du prix du ticket de bus) et personne ne sait où va cet argent. Nous avions récupéré des tickets encore valables 1 jour, ce qui nous a permis de refuser la vente forcée -d’autant que nous n’allions pas, en fait, à Inle ! Nous avons eu le vendeur à l’usure : refuser, maugréer en anglais et se retourner en faisant mine de se rendormir, une écharpe ou un bonnet enfoncé sur les yeux.

Quant à l’inconfort… le speedboat sur l’Irrawaddy et le bus vers Sittwe se partagent la première place…

En bateau Simone !

16 heures sur les bancs de bois vous useront les fesses sur le “speedboat” Katha-Mandalay (départ 5h, arrivée 21h, pour un voyage de 250 km, faites le calcul…)

Les 5 premières heures ont été pour nous particulièrement difficiles. Si vous en avez la possibilité, installez vous sous le pont avant, dans la zone qui sera protégée du vent -tout à fait glacial avant le lever du soleil, et de nouveau à la tombée de la nuit.

Lever de soleil sur un banc de sable habité du fleuve Irrawaddy

Le truc sympa c’est que le matin, le bateau s’arrête à chaque banc de sable pour charger sacs de riz, gens, meubles et autres roues de charrette. Vous pouvez alors en profiter pour grimper au sommet les dunes et jeter un œil aux paysages semés de quelques maisons sur pilotis.

Il fait peut-être 30ºC à Mandalay, mais sur le fleuve mieux vaut s’habiller chaudement !

Le reste de la journée, vous pourrez le passer à prendre le vent à la proue ou sur le pont arrière, à jouer aux cartes et échanger sourires et nourriture avec les locaux.

Se faire jeter dans le bus

Nos 22 heures de bus Mandalay-Mrauk U n’ont rien à envier au speedboat côté épuisement. La route était particulièrement mauvaise, les sièges inconfortables, la musique répétitive et crachée par des hauts-parleurs saturés, la clim sortait par le côté du conduit, rendant les aérations encore réglables inutiles -de toutes façons il faisait froid, trop froid pour la maigre couverture fournie.

J’ai tenté d’écrire sur l’ordinateur, fermement accrochée à l’appareil pour prévenir tout accident : les cahots nous faisaient régulièrement décoller des sièges… Après 20 minutes à accommoder du regard sur l’écran tressautant, la migraine guettait et j’ai du renoncer.

En bonus, les contrôles de passeports se succédaient alors que le bus passait d’un État fédéral à l’autre, et ils sont idéalement espacés pour tomber à chaque fois pile pendant ta phase de sommeil paradoxal !

Le paroxysme fut atteint quand, vers minuit, une pièce du moteur montra des signes de faiblesse. Le diner du bord de route était fort heureusement équipé en eau chaude, poudre 3 en 1 thé-sucre-lait, gâteaux trop sucrés, combustible pour un maigre feu de bois, et surtout l’incontournable fraiseuse qui permit aux chauffeurs de réaliser from scratch la pièce de remplacement en “juste” 2 heures de temps…

Pour être chauffeur au Myanmar, comme dans tant d’autres pays, mieux vaut être bon en mécanique !

C’est là que tu te dis que tes compétences en décrassage de bougies, c’est un peu juste si tu comptes t’installer dans un pays en développement…

En bref…

Les trajets birmans n’ont pas été sans nous rappeler l’Inde ou le Laos : chaotiques et parfois complexes à appréhender… Mais l’arrivée à bon port n’en est que plus appréciable et les décors sont superbes !


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