Le camp de base : Mandalay

En voyage, nous ne pratiquons pas le saut d’obstacle : une destination par jour pour cocher un maximum d’objectifs sur une liste, ce n’est pas viable au long cours. On s’épuise en trajets et en stress organisationnel -surtout en quittant les pays occidentaux, quand la notion de relativité spatio-temporelle prend tout son sens.

Pour notre petit marathon tranquille de seulement 3 à 4 semaines de voyage en Birmanie, nous avons décidé de nous en tenir à la moitié nord du pays. La position centrale de Mandalay en faisait donc un choix évident pour démarrer notre périple.

Le marché en plein air de Mandalay s’étend le long d’une rue grouillante d’activité

Là-bas en Nylon Hotel

Le Lonely présentait la Rich Queen Guesthouse comme l’alliance parfaite du confort avec le budget. C’était peut-être une trop bonne affaire pour être rentable, ou alors la famille avait fait fortune et largué les amarres… Quoiqu’il en soit, la grande maison est maintenant en vente : on peut l’acheter, mais plus y dormir.

On se rabat sur l’AD1 voisin (censément bon marché) : leur dernière chambre dispo est sombre, humide, avec salle de bain et toilettes communes crasseux, le tout pour 17$ ! Non merci, on va tenter notre chance ailleurs.

Au Nylon Hotel, le réceptionniste, souriant et charmant, est ouvert à la négociation. En faisant jouer le facteur durée (3 nuits), on tombe d’accord sur un prix de 14$ pour une superbe chambre, breakfast inclus : propre, la clim, des moulures en stuck au plafond, et une immense salle de bain privative équipée d’un chauffe-eau solaire… et d’une baignoire ! D’accord, elle date un peu et fuit complètement, mais comme le suggère sa plaque “Acid and slippery-proof”, on peut facilement y fondre un cadavre… ou faire sa lessive, vous qui voyez.

Bon, si vous dormez là-bas, le petit-déjeuner ne vous laissera pas un souvenir impérissable, mais au niveau rapport qualité-prix nous avons eu un deal imbattable. Ce qui n’était pas le cas de tout le monde : plusieurs autres touristes s’étaient vus proposer des tarifs à 18 ou 20 $ la nuit, par un homme désagréable refusant toute négociation.

Le fin mot de l’histoire, c’est qu’il y a deux réceptionnistes : nous avons été assez chanceux pour tomber le jour où M. Sourire-le-gentil-flic était en poste, et non M. Tire-la-tronche-le-méchant-flic, dont nous avons fait la connaissance plus tard… On vous aura prévenus !

Un petit creux ?

Mandalay est une grande ville (la deuxième du pays), vous aurez donc du choix en terme de nourriture. Nous nous en sommes tenus aux stands de rue : souvent tout aussi bons, ils forgent l’estomac et sont plus compatibles avec notre budget (1500 à 4000 kyats pour deux personnes). Le soir ça devient un peu plus compliqué à trouver mais les restaurants sont quand même nettement plus chers !

On trouve partout le repas de type traditionnel Shan à base de riz, accompagné de 5 à 10 petites coupelles : mini aubergines, pois cassés jaunes, salade ou chou, feuilles de coriandre, chou-fleur ou autre légume sauté, divers mélanges de piment (de 🌶🌶 à 🌶🌶🌶🌶🌶), nano-poissons séchés, pickles variés allant de l’aigre à l’amer, pois frits croustillants, cacahouètes, pousses de soja, oignons crus, patate…

Vous rencontrerez ce type de repas partout mais jamais deux fois le même. Un de nos accompagnements préférés reste le liseron d’eau sauté, en partie parce que c’est une chouette touche de verdure dans un océan de trucs frits.

Dans un effort louable de personnalisation, vous pourrez choisir la protéine que vous souhaitez : poulet (avec les os), porc (poitrine avec double option gras), poisson (gare aux fines arêtes) ou oeufs durs. Elle vous sera servie en petite quantité et le plus souvent cuisinée façon curry local. Ils fournissent aussi parfois d’office un bol de bouillon de légumes ou de poisson.

Le repas préféré de Flore à Mandalay restera l’énigmatique riz orange, servi avec des oignons frits, une branche de menthe et une demi-douzaine d’autres ingrédients-mystère. Malaxé-minute juste devant la partie couverte du marché, pour 750 kyats c’est aussi l’un des moins chers en ville et offre pile la quantité d’énergie nécessaire pour bien démarrer la journée.

Tous les repas que nous avons faits durant notre séjour avaient en commun des quantités industrielles d’huile, en particulier les noodles -et quelques touristes faisaient remarquer qu’ils avaient pris du poids pendant leur séjour… Du coup vous apprécierez peut-être de rincer tout ça avec un verre frais de “lime juice” !

C’est assez facile à trouver, mais attention : les birmanes qui le préparent peuvent se laisser emporter par leur enthousiasme et vous le servir si sucré qu’il tiendra plus du sirop de citron que du jus… Et en une occasion on nous a même servi une version salée-sucrée des plus bizarres, mais pas aussi dégueu que ça en a l’air ! Mieux vaut donc le demander nature si vous n’aimez pas les surprises.

Vroam en ville

Si vous restez un mois, vous apprécierez de vous équiper en data mobile : 8000 kyats pour une SIM chez MPT avec 2 Go de data, 5000 kyats la recharge de 2 Go supplémentaires. La 3G est meilleure que le wifi des hôtels. Elle est très bonne dans la plupart des villes et villages, et juste excellente à Mandalay… Couplée à Google Maps, vous aurez un système de navigation à toute épreuve dans les rues de la ville (numérotées façon NY City, bro).

Avec ses gènes asiatiques, Quôc-Bao a la “motobike” à vitesses dans le sang : l’idéal pour se déplacer en toute liberté -nous devions apprendre, bien après avoir quitté le pays, que c’est aussi illégal pour les touristes à Mandalay ! Ne le faites que si vous avez déjà conduit une manuelle.

Des vélos sont aussi disponibles à la location, mais l’expérience ne semble pas aussi agréable : tout le monde a la priorité sur vous sauf les piétons (et encore). Y compris la poussière et les gaz d’échappements des trucks, aptes à donner une bonne crise cardiaque à Anne Hidalgo et tout son conseil municipal.

Le trafic n‘est pas si dense comparé à d’autres villes d’Asie mais il y a quand même un paquet de voitures, trucks et deux-roues. Quelques carrefours majeurs sont équipés de feux rouges, le reste du temps c’est plutôt une question de coordination et de consensus général… L’agglomération est trop étendue pour être visitable à pied, une fois que vous sortez du centre (“downtown”).

Avec ses 1,2 millions d’habitant, Mandalay est une ville active faite de béton et, en saison sèche, de poussière. Pas de quoi en tomber amoureux mais elle est à taille humaine, facile à explorer et bon marché par rapport aux sites les plus touristiques de Birmanie. À tout le moins, elle pourra vous servir de hub pour vos déplacements dans le nord du pays.

Et vous ?

Avez-vous une expérience de Mandalay à partager avec nous ?


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